mardi 7 avril 2009

Le système a planté


A deux pas de la tour Montparnasse qui surplombe notre soirée de printemps, le titre d'une affiche attire notre regard : "Erreur de la banque en votre faveur". Insérée dans un mobilier urbain de la RATP (de l'autre côté, il y a un plan de métro), cette affiche nous nargue. Une erreur de la banque, c'est rare. Surtout en ce moment. Surtout en notre faveur. Le nom de la station de métro finit de nous mettre en joie.

En y regardant de plus près, on s'aperçoit qu'un autocollant a été posé sur la vitre. Il imite le message d'erreur d'un système d'exploitation informatique (j'ai bien dit : informatique). "Le système a planté, voulez-vous le remplacer ?" Deux choix semblent s'offrir à nous, comme un écho au sommet économique mondial dont on a largement chanté les louanges. "Refonder le capitalisme" ? "Moraliser la finance"? La petite main gantée de blanc nous propose une autre solution : remplacer le système. Elle ne nous dit pas par quoi. En s'approchant encore, on se rend seulement compte qu'elle nous fait un doigt d'honneur.
Tout un programme.

Paris, avenue du Maine, avril 2009

jeudi 2 avril 2009

La seconde vie du bois mort


Lille, jardin de la citadelle Vauban, mars 2009

"Ne vous fiez pas aux apparences. Cet arbre est mort, et pourtant, il abrite une vie insoupçonnée..."

Clouée sur le tronc d'arbre, la pancarte du service "gestion des arbres de la ville" tâche de nous éduquer à l'écologie et aux sciences de la vie (énumérant les espèces qui peuvent y nicher "pic épeiche, sittelle, cardinal et chauves-souris"). Mais elle mentionne également au promeneur que Lille prend soin de ses vieux troncs ("il est régulièrement surveillé") comme de ses habitants ("il ne représente donc pas de danger"). Cette pancarte s'apparente aux affiches rassurantes placardées sur les bâtiments abandonnés : "Ici, la ville construit pour vous 60 logements sociaux."
La ville veille et ne cesse de le rappeler.

Visiblement, cet arbre mort abrite une autre forme vivante : les graffitis.

Il me raconte surtout que la mort héberge la vie dans un cycle incessant, que les disparus continuent de vivre en nous comme nous vivons en eux.